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Le jour où la terre trembla 1500 fois

Au fur et à mesure de notre découverte des Canaries, après avoir parlé avec les locaux et écumé les musées, nous apprîmes que les 7 îles des Canaries sont dans des stades différents de leur "vie" d'île volcanique. En effet les deux premières, Lanzarote et Fuerteventura, qui furent les premières à sortir du bain, sont maintenant sur le déclin. Plus d'activité volcanique qui peut nourrir leur croissance, mais une lente érosion qui leur fait regagner la mer. Cela se voit d'ailleurs à leurs sommets bien moins élevés que leurs soeurs. Gran Canaria, Tenerife et la Gomera, apparues ensuite, ne sont elles ni vielles ni jeunes. Leurs croissances à cessé mais l'érosion n'a pas encore (beaucoup) attaqué leurs sommets, qui pour certain culmines à 3700m.

Quant aux cadettes, La Palma et El Hierro, elles n'ont pas terminé leurs croissances. D'ailleurs la dernière poussée de jeunesse de La Palma ne vous aura pas échappé; si vous suivez les informations internationales.

Cela faisait déjà plusieurs jours que le bruit courrait dans la marina que la terre tremblait sous la Palma. Mais cela n'était inquiétant pour personne et ma Maman devant venir dans quelques jours, nous étions dans la planification d'un tour de l'île pour la visiter en houature.

C'est donc ce lundi-là que nous décidâmes de descendre voir un peu le sud de l'île. Au programme : visite du volcan San Antonio et des salines à la pointe sud.


Au bord du volcan est installé un petit "musée" expliquant le volcanisme et l'histoire de la dernière éruption survenue il y a 50 ans à Teneguía, 2km plus au sud. Il y a même un écran affichant les relevés actuels de la sismologie de l'île : 


Moi ça m'intéresse ce genre de truc, mais en même temps je me dis que "Ouai, de toute manière ça va très probablement péter que dans 200 ans". Sauf que rien que ce jour-là, 1500 tremblements ont été enregistrés...

Poursuivons, on a encore les salines à voir et il commence à se faire faim. On reprend la houature en se frayant un chemin au milieu des plantations de bananes.

Après un bon repas, nous quittâmes le sud de l'île vers 13h30 via la route qui longe la côte ouest pour remonter sur El Paso.


Une heure plus tard le volcan du Cumbre Vieja entre en éruption et barre la route même où nous sommes passés.



On s'est quand même posé la question si l'on n'avait pas oublié d'égorger une chèvre en offrande aux dieux avant de fouler cette terre sacrée ?!

Quoi qu'il en soit, assister à une éruption en vraie chair d'os et en live c'est pas tous les jours; donc la curiosité nous fait prendre à nouveau la houature les jours suivants. Ca tombe bien, il faut aussi que l'on amène le moteur de l'annexe en réparation, l'atelier est même tout prêt pas loin du volcan.

Je n'ai pas voulu sortir le drone, car avec la pelletée de policiers, pompiers, protection civile dans chaque rue, ça l'aurait pas trop fait. Ensuite pour les plus belles images, rendez-vous à la TV et sur les réseaux. Ici on vous livre juste ce que l'on a pu voir de nos petits yeux de touristes :



Six jours plus tard, le dimanche matin, je croyais qu'il s'était mis à pleuvoir, j'entendais des "plic plic" sur notre capote. Je me lève pour aller voir si toutes les écoutilles sont fermées, au cas où. Mais à la place je trouve le pont un peu moins blanc que d'habitude :

Les vents dominants du Nord ont faibli, ce qui annonça un changement de situation pour nous à Santa Cruz de La Palma. N'étant plus poussés au sud, le nuage de cendre, ou plutôt de poussière de roche, est retombé dans notre direction. Nous avons patiemment attendu que les vents reprennent des forces et que cette pluie du diable s'arrête. En plus ca reste dans les cheveux, ça va partout, c'est horrible. Cela dit, on s'en tire avec juste une bonne journée de nettoyage, sans dommages. Pas grand chose comparé à ceux au sud de l'île qui vivent cela tous les jours depuis lors ou encore ceux qui ont tout perdu.




Dicton marin
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