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Mi traversée

13°45'56 N 42°34'52W

Avec les alizés qui ont repris leur travail, mais de manière timdie, nous avons pu faire un départ tout en douceur dans de (très) bonnes conditions emportant ainsi un bon capital moral malgré les deux reports et 10 jours d'attentes avant départ.

Les premiers jours nous avons “fait du sud” afin de descendre en profondeur dans les alizés et eviter d'éventuelles pannes de vent. La houle est minime et c'est assez confortable. Les conditions étaient mêmes si favorables que nous avons envoyé le spi durant 3 jours et même durant la nuit. Nous avons tout de même rencontrés des grains à plusieurs reprises qui nous ont fait passé quelques moments Orangina (faut bien scouer, sinon la pulpe...).

Le 6ème jour ça s'exclame sur le pont “C'est quoi que vous avez pêché ? Encore une coryphène ? Vous voulez pas la relacher ?”

En effet, après de nombreux mois bredouille, la canne a bien donné durant cette première moitié de traversée. Nous avons fait de temps à autre un jour de pause pour pouvoir finir la dorade pêchée la veille, mais à la fin, on commence à souhaiter qu'une autre espèce de poisson daigne mordre à notre victorieux apât. Un ptit thon, ce serait bien....La vie à bord s'aggrémente volontier de petits rien qui au bout du compte influent beaucoup sur le moral du bord : un petit saucisson en guise d'apéro, écouter les autres bateaux parler à la radio, se baigner au milieu de l'océan, s'offrir le luxe d'une micro douche à l'eau douce (et chaude!), passer 1h à contempler un lever de lune. Les jours passants, les aliments frais se font de plus en plus rares. A commencer par le pain. Avec les quelques kilos de farine en réserve, nous décidons de se faire un petit concours de boulangerie. Chacun son jour, chacun son pain. Les techniques diversent et donnent des résultats étonnants. En tout cas l'on apprend qu'en mer, même raté, du pain reste délicieux. Alors on ne se prive pas.

A bord nous avons un satisfactiomètre; un appareil de mesure du niveau de bonheur de l'équipage et du bateau. Il s'agit en fait de l'anémomètre. Quand il indique moins de 10 noeuds de vent (18km/h), le bateau roule, les voiles claques et nos nerfs aussi. Quand il remonte vers 15 noeuds, le bateau file droit avec entrain, notre sourire s'élargis et nos nuits s'adoucissent. L'éloge de la lenteur à du bon et personne n'est ici pour faire une course, mais si l'on peut se ménager des bords confortables, c'est tant mieux.Le compteur décompte désormais, il nous reste un peu plus de 1000 miles à parcourir. Avec des vents un tout petit peu plus soutenus comme attendu sur cette deuxième moitié, l'on peut espérer arriver en Martinique autour du 4-5 février.On vous laisse sur cette photo du coucher de soleil au 5ème jour et on vous dit à tout à l'heure!

commentaires (4)

Ll

Bravo les gars, super de vous lire :) Ça à l'air magique

f(

Trop sympa ce récit. On se croit avec vous dans la cabine. Pas trop quand il y a des grains, je vous laisse l adrénalinedu grand large et des creux de vagues! Une super idée le challenge du pain, Jean Yves le seul de l équipage que je connaisse est un sacré bon cuisinier-pâtissier explorateur depuis le temps que l on fait des soirées à themes culinaires ensemble! Bien du plaisir à vous tous. Au plaisir de vos nouvelles

A
RépondreAnonyme  02/02/2022

A
RépondreAnnick  02/02/2022

J arrivais à vous suivre sur la carte mais quel bonheur de lire votre super récit. Toutes ses informations qui font découvrir la vie en mer. Bravo à vous tous courage le pain chaud approche ? bisous mon frère ??

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Si les pétroliers transportaient de l’eau de mer, on s’en foutrait qu’ils fassent naufrage.
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